Révélation majeure des positions de la CFTC : les positions longues sur le gaz naturel entièrement éliminées, effondrement brutal des positions sur le pétrole brut
Site financier le 27 juin—— Les données sur les positions des contrats à terme américains montrent qu'à la semaine du 23 juin, les positions nettes longues sur le pétrole brut ont diminué, alors que le gaz naturel est passé de long à court ; l'or a légèrement augmenté, l'argent et le cuivre ont diminué ; les positions courtes sur les obligations à court terme ont été renforcées, tandis que celles sur les obligations à long terme ont été rachetées, misant sur une pente plus raide de la courbe ; l’euro reste net long, la livre et le yen sont fortement shortés ; les fonds sur actions américaines ont augmenté, et les vendeurs à découvert spéculatifs ont racheté leurs positions. Globalement, le marché réévalue simultanément la prime de risque.
La Commodity Futures Trading Commission des États-Unis a publié ce vendredi 26 juin les données de positionnement du marché des contrats à terme pour la semaine du 23 juin, couvrant les principaux actifs : énergie, métaux précieux, devises, obligations d'État et indices boursiers. De façon générale, les capitaux spéculatifs affichent une nette divergence selon les segments : fuite des longs sur l’énergie, volatilité sur les métaux précieux, stratégies opposées sur les obligations d'État selon leur durée, et ajustement subtil du goût du risque sur les devises et indices boursiers. Voici une analyse détaillée par classe d’actifs.
I. Marché du gaz naturel : le retour des shorts, le sentiment bascule à la baisse
Sur les contrats à terme de gaz naturel cotés sur NYMEX et ICE, l’attitude des participants spéculatifs a subi un revirement radical. À la semaine du 23 juin, les positions nettes longues détenues précédemment ont été complètement effacées, aboutissant à une position nette short de 2 183 lots. Par rapport à la semaine précédente, cela équivaut à une augmentation de 3 515 contrats côté short. Ce changement traduit l’évolution des anticipations des opérateurs : avec la fin du pic de demande de climatisation estivale aux États-Unis et une production élevée, le sentiment sur la trajectoire des prix du gaz devient clairement baissier, délaissant l'optimisme prudent.
II. Obligations d’État : accentuation des positions short à court terme, rachat des positions short à long terme
Le marché des obligations d'État américaines présente une nette divergence selon la durée des titres. Sur les contrats à terme à 2 ans, les spéculateurs renforcent leurs positions short, avec une hausse hebdomadaire de 48 339 lots pour atteindre un total de 1 318 846 lots — ce chiffre reflète la solidité des anticipations d’une politique monétaire restrictive de la part de la Fed à court terme, les risques sur la hausse des taux courts n’étant pas entièrement absorbés. En contraste, sur les contrats à terme à 10 ans, les positions nettes short ont diminué de 75 816 lots, passant à 835 266 lots. Ce rachat massif de shorts sur le long terme pourrait s’expliquer par une anticipation des risques liés à la récession ou une anticipation d’un essoufflement du mouvement haussier sur les rendements des obligations de longue maturité. La divergence entre le court et le long terme illustre la complexité actuelle des arbitrages de la courbe des taux.
III. Marché du pétrole brut : la confiance des longs WTI s’effrite, chute marquée de la position nette longue
Sur les contrats à terme WTI du NYMEX, les capitaux spéculatifs ont réduit leur position nette longue de 12 491 lots cette semaine, ramenant la position à 88 486 lots. C’est la deuxième semaine consécutive de réduction des longs, avec une intensification du mouvement. Bien que le cadre de réduction de l'OPEC+ subsiste, les inquiétudes sur la demande liées à la faiblesse macroéconomique mondiale, et la hausse inattendue des stocks commerciaux américains, freinent l’enthousiasme des acheteurs. Certains prennent leurs profits avant le pic d’activité estivale, illustrant une attitude prudente quant au potentiel de hausse du prix du pétrole.
IV. Métaux précieux : légère augmentation des positions sur l’or, rejet de l’argent et du cuivre
Divergences au sein des métaux précieux. Sur les contrats à terme Or COMEX, la position nette longue des spéculateurs augmente modestement de 91 lots, à 113 010 lots – une variation très limitée, indiquant un équilibre entre forces haussières et baissières pour l’or à ce niveau, le marché attendant des signaux de taux plus clairs. Sur l’argent, la position nette longue baisse de 411 lots à 11 659 lots, ses liens avec l’industrie la rendant vulnérable à la faiblesse manufacturière, l'appétit pour ce métal continuant de s’estomper. Le cuivre fait face à une pression vendeuse avec une baisse de 2 257 lots à 68 818 lots ; en tant que baromètre de l’économie mondiale, la diminution des positions confirme des inquiétudes sur le rythme de reprise de la demande industrielle globale.
V. Marché des devises : divergence sur le dollar, euro solide, livre et yen sous pression
Les positionnements sur les principales devises sont bien différenciés. Sur le yen, la position nette short est de 146 104 lots, signalant la domination continue des opérations de carry trade en raison de l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon. L’euro reste en position nette longue avec 30 158 lots, soutenu par les anticipations de poursuite du resserrement monétaire de la BCE, malgré les défis économiques en Europe. La livre affiche une position nette short de 105 719 lots, conséquence des difficultés combinées liées à l’inflation persistante et au ralentissement de la croissance britannique, poussant les spéculateurs à une vision négative sur la monnaie. Le franc suisse, position nette short de 41 094 lots, enregistre une baisse de la demande pour sa fonction refuge, révélant une nette différenciation sur la favorisation des monnaies non américaines.
VI. Contrats à terme sur indices boursiers : ajustements bilatéraux sur le S&P 500, stratégies divergentes des institutions et hedge funds
Sur les contrats à terme sur le S&P 500 cotés au CME, deux grands groupes spéculatifs affichent des stratégies opposées. Les gestionnaires de fonds d’actions (représentant généralement des institutions de suivi de tendance) ont augmenté leur position nette longue de 4 547 lots à un total de 987 977 lots, montrant que les capitaux de long terme ne remettent pas en cause la dynamique haussière globale des actions US. En revanche, les traders à la recherche de profits (style hedge funds) ont massivement réduit leur position nette short de 146 022 lots, ramenant le solde short à 355 669 lots. Ce changement ne traduit pas un retournement vers une position longue, mais une réduction volontaire des positions de couverture – soit après le récent rebond de l’indice, soit par anticipation d’une contraction temporaire du risque baissier. Ces ajustements simultanés reflètent une posture de prudence et d’équilibre des acteurs sur des niveaux élevés des indices boursiers.
Conclusion
En synthèse, les données CFTC hebdomadaires montrent une reallocation fine des capitaux spéculatifs : retraite des longs sur l’énergie, stratégies divergentes sur les obligations à différentes maturités, seule l’or attire un intérêt timide parmi les métaux précieux, le marché des devises continue d’opposer des gagnants et des perdants, et les indices boursiers affichent une combinaison intéressante d’institutions acheteuses et de hedge funds vendeurs. Dans l’ensemble, les capitaux ne vont pas tous dans le même sens, cherchant un point d’équilibre entre les scénarios économiques de “atterrissage en douceur” et de “récession”, les ajustements de position étant surtout structurels et non des ruptures de tendance. Au cours des prochaines semaines, à mesure que de nouvelles données économiques seront publiées, l’évolution des positions constituera un indicateur clé pour jauger le sentiment du marché.
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