Canada : La résilience du marché du travail soutient une Banque du Canada prudente – NBC
Les économistes de la National Bank of Canada (NBC), Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme, mettent en avant la solidité des données sur l’emploi au Canada en juillet, avec 75 100 emplois créés, un taux de chômage en baisse et une augmentation des embauches dans le secteur privé. Ils signalent un solide dynamisme économique et un relâchement des pressions salariales, mais estiment que la persistance d’un excédent d’offre de main-d’œuvre et des soutiens temporaires à l’emploi signifient que la Bank of Canada (BoC) ne doit pas se précipiter pour relever ses taux d’intérêt.
Emplois solides mais prudence monétaire
« Les données de l’EPA de juillet montrent une vigueur persistante de l’économie canadienne au début du troisième trimestre. Après une croissance du PIB d’environ 3,0 % au deuxième trimestre (données officielles à paraître le 28 août), qui a soutenu la reprise du marché du travail sur la période, les gains d’emploi se sont encore renforcés au premier mois du T3, avec une augmentation spectaculaire de 75 000 emplois et une hausse de 0,6 % des heures travaillées. »
« Une nouvelle fois, le secteur privé se distingue avec un gain de 58 000 emplois. Au cours des trois derniers mois, les entreprises ont accru leurs effectifs de 146 000 personnes, un sommet en trois ans. Cette solide performance a été rendue possible par une reprise dans la plupart des secteurs. »
« Globalement, les données sur l’emploi de juillet confirment que le marché du travail n’est pas aussi préoccupant qu’en début d’année, quand le taux de chômage augmentait et oscillait autour de 7,0 %. Cela dit, il est important de rappeler que le marché du travail est en situation d’excédent d’offre depuis un certain temps (chômage le plus souvent entre 6,5 % et 7,0 %), ce qui se reflète dans des pressions salariales qui restent contenues. »
« Notre analyse du marché du travail nous a amenés à conclure ces derniers mois que les risques d’effets de second tour sur l’inflation (via les salaires) liés à la hausse des prix de l’énergie sont plus limités au Canada que dans certains autres pays avancés. Nous pensons toujours que c’est le cas. »
« Dans ce contexte, nous ne pensons pas que la banque centrale doive se précipiter pour relever les taux d’intérêt. D’abord, le marché du travail est resté artificiellement soutenu par des facteurs temporaires, à savoir le recensement et un essor du tourisme à la suite de la Coupe du Monde de la FIFA. »
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