Le Canada accélère la régulation des stablecoins pour l'inclure dans le budget fédéral
- Le Canada prépare des règles pour les stablecoins
- Priorité : éviter la fuite vers les dollars tokenisés
- Le secteur mondial dépasse déjà 300 milliards de dollars US
Le gouvernement canadien intensifie ses efforts pour établir un cadre réglementaire pour les stablecoins, avec des directives qui devraient être présentées dès le budget fédéral du 4 novembre. Cette annonce intervient après que des responsables ont mené des discussions fréquentes avec des représentants du marché et des régulateurs financiers ces dernières semaines.
Selon Bloomberg, les discussions se sont concentrées sur deux points principaux. Le premier concerne la classification de ces cryptomonnaies adossées à des monnaies fiduciaires, qui relèvent actuellement de la catégorie des titres ou des produits dérivés en raison de l'absence de législation spécifique. Le second point porte sur les inquiétudes liées à la migration des capitaux nationaux vers des stablecoins adossés au dollar, qui dominent largement le marché mondial.
John Ruffolo, coprésident du Council of Canadian Innovators, a récemment mis en garde contre les risques économiques liés aux retards réglementaires. Il a déclaré que l'absence de règles claires pourrait nuire à la demande pour les obligations canadiennes, augmenter les coûts de financement et réduire la capacité de la Banque du Canada à gérer efficacement la politique monétaire. Le message était clair : sans cadre national, la monnaie du pays pourrait suivre la voie du dollar tokenisé.
L'initiative du Canada s'inscrit en parallèle de celles d'autres grandes économies. Le Japon et Hong Kong ont avancé sur leurs propres cadres réglementaires, tandis que l'Europe a mis en œuvre MiCA, qui établit des paramètres stricts pour les émetteurs de stablecoins. Aux États-Unis, le GENIUS Act a créé une norme fédérale pour les actifs compatibles avec les paiements, bien qu'il fasse encore face à des désaccords politiques, avec des critiques publiques de la sénatrice Elizabeth Warren et des préoccupations concernant des failles juridiques soulevées par des membres de la Federal Reserve.
La croissance du marché aide à expliquer cette précipitation. L'offre totale de stablecoins approche les 300 milliards de dollars, dominée par des émetteurs adossés au dollar américain tels que Tether et Circle. Les analystes prévoient une forte expansion du secteur dans les années à venir. Standard Chartered estime qu'à l'horizon 2028, jusqu'à 1 trillion de dollars pourraient être réalloués des dépôts bancaires des marchés émergents vers les stablecoins américains.
Dans cet environnement de concurrence réglementaire internationale, les autorités canadiennes montrent leur volonté d'empêcher le pays de devenir dépendant de structures tierces lorsqu'il s'agit de traiter avec un marché devenu central pour la liquidité mondiale des cryptomonnaies.
Avertissement : le contenu de cet article reflète uniquement le point de vue de l'auteur et ne représente en aucun cas la plateforme. Cet article n'est pas destiné à servir de référence pour prendre des décisions d'investissement.
Vous pourriez également aimer

Tous les regards tournés vers Walsh, la « super semaine des banques centrales » la semaine prochaine verra-t-elle une vague de hausses des taux d'intérêt des G7 ?
Dans un contexte d'inflation croissante, de tensions géopolitiques et d'un prix du pétrole dépassant les 100 dollars, les banques centrales du G7 s'apprêtent à vivre une semaine clé de décisions monétaires. Poussée par une inflation sous-jacente supérieure aux prévisions, la Federal Reserve devrait procéder à sa première hausse de taux depuis trois ans. La Banque du Japon devrait augmenter ses taux à 1,25 %, un sommet inédit depuis 30 ans. Les positions de la Banque d'Angleterre, de la Banque centrale européenne et de la Banque du Canada deviennent également plus offensives, marquant un tournant majeur vers un resserrement collectif de la politique monétaire mondiale.
La Fed va-t-elle "augmenter les taux consécutivement" ? Le cycle de resserrement de la fin des années 1980 va-t-il se reproduire ?
Le rapport de Citigroup indique que l'environnement macroéconomique actuel ressemble fortement au cycle de resserrement de 1988-1989, période durant laquelle l'économie est demeurée résiliente et les pressions inflationnistes se sont progressivement accumulées. Par la suite, l'activité économique a ralenti et la politique s'est alors orientée vers la détente. Lors de ce cycle de resserrement, la Fed a relevé ses taux d'intérêt à 16 reprises consécutives.
Des ennemis jurés s’allient rarement ! Musk, Altman soutiennent l’appel de Dario Amodei à « ralentir l’IA mondialement »
Amodei d’Anthropic lance un appel à un « ralentissement mondial de l’IA », et, fait surprenant, ses rivaux Elon Musk et Sam Altman apportent tous deux publiquement leur soutien. Les trois géants s’accordent pour ouvrir aux tiers les droits d’évaluation « au niveau des employés » et s’engagent à coordonner le ralentissement ; Altman annonce même de façon catégorique qu’OpenAI ne procédera pas à une introduction en bourse cette année. La démission indignée d’un chercheur et la « grande évasion » collective d’IA incontrôlables ont ravivé une angoisse longtemps latente dans le secteur.
