Plus de réduction du bilan, moins de hausse des taux : comment Waller a-t-il remodelé les attentes du marché concernant les hausses de taux ?
Depuis que Wosh est devenu président de la Federal Reserve, il a adopté une approche de communication axée sur « en faire plus, en dire moins », réduisant les interventions sur les marchés. Après sa première apparition lors de la réunion FOMC de juin, la déclaration de politique monétaire de la Fed est passée d’environ 400 mots sous Powell à moins de 150 mots, supprimant tous les termes accommodants sur les « ajustements supplémentaires » ainsi que les références à l’équilibre des risques ; il a également refusé de soumettre des prévisions de taux d’intérêt, exprimant publiquement des réserves sur le dot plot.
Sur le plan de la communication, Wosh a clairement rejeté toute orientation prospective : il ne divulgue pas la trajectoire des taux, et évite même de préciser la fonction de réaction de la Fed face à différentes situations économiques, proposant en outre de réduire le nombre de réunions du FOMC à 6 décisions de taux par an et 2 réunions sur l’économie.

À cela s’ajoute la création de cinq groupes de travail dédiés à l’évaluation de la communication, du bilan, des données, de l’IA et du cadre d’inflation, dont la majorité des travaux seront achevés d’ici la fin de l’année. À travers cette réforme, Wosh cherche à repositionner le rôle du bilan dans la politique monétaire, tentant de réduire progressivement la taille du bilan tout en maintenant des réserves suffisantes, afin que la réduction du bilan redevienne un outil clé pour resserrer les conditions financières, au lieu de dépendre uniquement du taux directeur.

Plus de réduction du bilan, moins de hausses des taux
Contrairement à l’approche de Powell, qui était axée sur la gestion des anticipations du marché, Wosh met l’accent sur le rétablissement de la fonction de découverte des prix par le marché. Il préconise de réduire la communication, afin que les taux d’intérêt reflètent davantage les fondamentaux économiques réels, en utilisant la réduction du bilan pour augmenter la prime de terme, et en faisant jouer au marché des capitaux un rôle plus important dans le resserrement des conditions financières, plutôt que de s’appuyer sur des hausses de taux successives pour freiner la demande.

Ce cadre se transmet aux conditions financières par deux voies. Premièrement, la réduction des communications de la Fed signifie que le marché fixe les prix selon l’évolution de l’inflation, de l’emploi et de l’offre/demande de financement public ; la volatilité des taux longs augmentera, et la prime de terme redeviendra un paramètre clé pour la valorisation des conditions financières. Deuxièmement, si la Fed poursuit la réduction du bilan, le marché devra absorber davantage d’émissions obligataires à long terme, ce qui soutiendra le maintien d’un coût de financement élevé sur le long terme.

L’effet combiné de ces deux voies contribuera à maintenir un environnement de financement à long terme tendu, tandis que la probabilité de chocs répétés sur le coût des capitaux à court terme sera nettement réduite. C’est précisément la caractéristique centrale du cadre de Wosh par rapport au cycle traditionnel de hausses des taux : il confie aux marchés une part plus importante de la fonction de resserrement pour contrôler la demande, sans devoir ajuster fréquemment les taux directeurs.




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