Fitch : Les droits de douane automobiles de Trump envers le Canada pourraient affecter environ 45 milliards de dollars d’importations
L'agence de notation Fitch a estimé lundi que la mise en œuvre par le président américain Trump de sa récente initiative visant à augmenter les droits de douane sur les voitures et pièces automobiles importées du Canada pourrait affecter environ 45 milliards de dollars de marchandises.
Selon des informations de l’application d’actualités financières Zhihui Finance en français, l'agence de notation Fitch a estimé lundi que la dernière initiative du président américain Trump visant à augmenter les droits de douane sur les voitures et pièces automobiles importées du Canada pourrait affecter des marchandises d'une valeur d'environ 45 milliards de dollars.
Après l’échec des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada qui ont duré plusieurs semaines, Trump a annoncé lundi qu’à partir du 1er janvier 2027, les droits de douane sur les voitures, camions et pièces automobiles produits au Canada et importés aux États-Unis passeraient à 50%. Cette mesure signifie que le taux de droits de douane maximal sur les importations automobiles canadiennes, actuellement fixé à 25%, sera doublé, intensifiant considérablement les tensions commerciales entre les deux pays.
Auparavant, le Canada avait tenté de parvenir à un nouvel accord commercial avec les États-Unis pour réduire les droits imposés par ces derniers sur des produits comme les voitures canadiennes. Les négociations étaient proches d’aboutir, mais se sont finalement effondrées vendredi soir dernier. Selon les données de GlobalData, environ 861 000 véhicules produits au Canada en 2025 seront exportés vers les États-Unis. L'industrie automobile canadienne est hautement intégrée à la chaîne d'approvisionnement nord-américaine, et une hausse supplémentaire des droits américains pourrait accentuer la pression sur les coûts pour les fabricants qui disposent d'usines au Canada.
Il est à noter que le secteur automobile canadien n’est plus dominé principalement par les grands constructeurs traditionnels de Detroit. Ces dernières années, la production de Toyota et Honda au Canada a considérablement augmenté. Selon les données de l'association représentant les constructeurs automobiles non basés à Detroit, Toyota et Honda représenteront ensemble 76,5% de la production automobile canadienne en 2025. Chacun de ces deux constructeurs japonais produira plus de véhicules au Canada que le total de Ford (F.US), General Motors (GM.US) et Stellantis NV (STLA.US) réunis. Cela signifie que si les États-Unis mettent en place une taxe de 50% sur toutes les importations automobiles canadiennes, cela impactera non seulement la chaîne d'approvisionnement nord-américaine des constructeurs américains traditionnels, mais aussi de façon significative les constructeurs japonais comme Toyota et Honda, qui disposent d'importantes capacités de production au Canada.
Olu Sonola, responsable de l’économie américaine chez Fitch Ratings, a déclaré : « En supposant que le même cadre tarifaire que l’actuel article 232 soit utilisé et que les volumes d’importation restent similaires, nous estimons que la charge tarifaire supplémentaire pourrait atteindre entre 4,6 et 5 milliards de dollars. Imposer une taxe de 50% sur les voitures canadiennes ferait passer le taux de droits de douane effectifs des États-Unis sur les produits canadiens d’environ 5,3% à 6,5%, soit plus du double du taux de 3,1% en vigueur avant la mise en œuvre des droits de l’article 338. Cela représenterait une montée dramatique de la pression tarifaire pour le Canada. »
Olu Sonola a déclaré que la date d’entrée en vigueur annoncée par Trump pour ces nouveaux droits, le 1er janvier 2027, laissait un certain délai pour poursuivre les négociations, « mais l’incertitude elle-même mettra déjà sous pression la chaîne d’approvisionnement automobile nord-américaine hautement intégrée ». Si les deux parties prennent des mesures de rétorsion, cela pourrait encore aggraver les pertes économiques des deux pays.
Cependant, il estime que « le Canada pourrait subir la majeure partie de l’impact, qui se traduira par une baisse de la production, des investissements et de l’emploi ». Il a ajouté : « Si elles sont appliquées, ces taxes douanières pourraient forcer le secteur automobile canadien à une restructuration majeure et économiquement destructrice, avec des conséquences durables sur sa base industrielle et sur l’économie au sens large. »
Fitch note que les voitures et pièces automobiles canadiennes représentent environ 13% du total des importations américaines dans ce secteur, juste derrière les 37% du Mexique. Le principal produit importé par les États-Unis depuis le Canada reste le pétrole et le gaz naturel, représentant environ 30% du total des importations en provenance du voisin du nord; viennent ensuite les voitures et pièces automobiles, avec 12%.
De plus, avant que les nouveaux droits américains sur les produits canadiens n’entrent en vigueur, le Laboratoire budgétaire de l’Université de Yale estime qu’au 11 août 2026, le taux moyen légal des droits de douane américains sur les produits du monde entier s’élèvera à 11,0%, quelques hausses tarifaires déjà planifiées devant porter ce taux à 11,8% d’ici la fin de l’année.
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