L'euro se maintient proche du milieu des 1,1500, son plus haut niveau depuis le 17 juin, alors que le recul des attentes de hausse de la Fed pèse sur le dollar américain.
La paire EUR/USD s'appuie sur l'élan de cassure de la semaine dernière au-dessus de la barrière horizontale des 1,1460-1,1470 et attire les acheteurs pour la cinquième journée consécutive ce lundi. Les prix au comptant atteignent un nouveau sommet depuis le 17 juin, dépassant le milieu des 1,1500 lors de la séance asiatique, et semblent prêts à continuer de s'apprécier dans un contexte de Dollar américain (USD) largement affaibli.
En effet, l'indice USD (DXY), qui mesure le billet vert face à un panier de devises, prolonge le repli amorcé la semaine dernière depuis les niveaux annuels alors qu'une chute des prix du pétrole brut oblige les traders à revoir à la baisse leurs anticipations d'un resserrement extrême de la Fed. Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il ordonnerait aux forces américaines de suspendre de nouvelles frappes contre l'Iran, affirmant que les alliés du Moyen-Orient avaient trouvé les bases d'un accord pour mettre fin à la guerre de cinq mois. Cela, combiné à la décision de l'OPEP+ dimanche d'augmenter la production en septembre, pèse fortement sur les prix du pétrole brut.
Elias Haddad de Brown Brothers Harriman estime que la récente vigueur du Dollar s'essouffle, la banque considérant désormais que « le rallye USD entamé en mai a fait son temps, avec un DXY susceptible de revenir dans une fourchette de 96,00-100,00. » BBH soutient que le « vent favorable initial au USD dû à la robustesse de l’activité économique américaine » est de plus en plus contrebalancé par les inquiétudes liées à la politique monétaire, spécifiquement le fait que « l’échec du président de la Fed Kevin Warsh à transformer une rhétorique ferme sur l’inflation en politique crédible » « augmente le risque que la Fed prenne du retard dans la maîtrise de l’inflation ».
Par ailleurs, de vigoureuses opérations de couverture à la vente sur le yen japonais (JPY) s’avèrent être un autre facteur défavorable au USD. L’euro, de son côté, continue de bénéficier du soutien de données résilientes sur l’inflation en zone euro, ce qui renforce la probabilité d’une nouvelle hausse des taux par la Banque centrale européenne (ECB) en septembre. Cela vient conforter les perspectives positives à court terme pour la paire EUR/USD, alors que les traders attendent désormais les principales publications macroéconomiques américaines prévues au début du nouveau mois, à commencer par l’ISM Manufacturing PMI ce lundi, pour une nouvelle impulsion.
Sam Cartwright de Societe Generale soutient que les derniers chiffres de l’inflation, combinés à la « solide croissance du PIB au 2e trimestre 2026 », renforcent le dossier pour un nouveau resserrement de la politique monétaire. Selon lui, « la publication d’aujourd’hui devrait soutenir une nouvelle hausse des taux de la ECB en septembre », la croissance résiliente et une hausse modérée des pressions sur les prix laissant à la banque centrale une marge pour maintenir une posture agressive.
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